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8 août 2006 2 08 /08 /août /2006 10:47

Une avalanche de cordes qui se raccordent à un propos tantôt haché en deux parts, un mot et sa chute ; une impression et la dégringolade mélodieuse qui la rattrape, une voix s’adoucissant dans les aigus, qui bat la mesure de son texte en syllabes frappées sur une avalanche d’accords en cascade : on a bien du mal, malgré la discordance apparente des deux, à déceler celle qui l’emporte sur l’autre, créant cette alchimie binaire du propos et des instruments, avec en premier lieu la guitare, propre à la pop originelle que créèrent les précurseurs du genre devant l’Eternel, les Beatles, parvenant dans la foulée à lui faire rendre sa forme la plus paroxystiquement pure.

 

 

C’est à une représentation de cette naissance que nous invite à assister Mc Cartney, et on admet enfin ce qu’il tente de nous prouver depuis 20 ans : il peut être les Beatles à lui tout seul.

 

 

 

 

 

 

 

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Published by Dartag - dans Musique
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8 août 2006 2 08 /08 /août /2006 10:35

De Delerm à Benabar, en passant par Souchon, qui lui a rendu hommage dans son dernier album... Ce que la Nouvelle chanson française doit à Sagan.

 

 

 

 

 

 

En France, la littérature est faite en prétention de cause, avec, pour but omniscient, l’aveu délicieux de perpétuer un art qu’on a fait sien. L’auteur doit être le premier à croire à son art, pour que sa conviction transpire à travers les pores de ses bonnes feuilles et remporte l’adhésion de ceux qui élèvent les oeuvres au-dessus du public - pour ne pas dire, parfois, par-dessus les foules.

Françoise Sagan, elle, est partie sans solder ses comptes. Son écriture ne s’est jamais faite dans la prétention du public, mais s’est bornée à en être le délice. En léger contrepoint avec son époque littéraire, faite de mouvements en –iste et de grandes théories, son oeuvre ne pouvait retentir face aux monuments de masturbation triomphante qu’ont été les édifices philosophiques élevés par un Sartre ou un Robbe-Grillet.

L’écrit étant un monde à un seul prisme, on ne peut lui reprocher ses oeillères, qui, par l’étroitesse de ses vues, ne laisse se ménager une place qu’à un mouvement littéraire par époque, laissant aux atypiques le soin de se consumer en vain à la marge...

Bernanos ou Gary s’étaient-ils trompés d’époque ? Non, c’était l’époque qui ne pouvait les contenir en même temps que les existentialistes et les athées de la grande époque des utopies (mal) réalisées.

Sagan, dans une bien moindre mesure, n’est redevable qu’à ses lecteurs de n’avoir pas été effeuillée aussi vite que ses livres, ainsi dépourvue du socle de la profession.

Et pourtant, héritage il y a eu, puisque, bien malgré elle, par-delà les nimbes littéraires, elle subsiste dans un genre qui était étranger à son art mais dont elle était déjà complice, amie de Barbara et Greco : elle est l’une des marraines de la nouvelle chanson française.

Son écriture est leur musique, son univers : leurs paroles.

Elle qui, loin des symphonies Joyciennes de la nouvelle vague (et de son équivalent littéraire, le nouveau roman), écrivait d’une seule note, tendait son livre dans un seul son, tenu comme on tient sa voix, pleine d’une vibration entière...

Les chansons d’aujourd’hui sont issues de cette note : n’ayant cure des trémolos enamourés des violons dégringolant sur un solo de piano,  elles se suffisent en un accord calqué sur une voix, s’il est celui qui les résume vraiment : le tout consistant à écrire la chanson sur cet accord ; pour qu’un univers, jusqu’alors suggéré par le son, s’en extraie.

Il est étonnant de voir comme les différents arts se répondent : le déstructuralisme de la pensée se répercutait dans la radicalisation du rock comme dans l’abstraction absolue, le romantisme s’épanchait en symphonies de couleurs, de notes ou d’alexandrins...

Aujourd’hui, c’est au tour de cette petite note de se frayer un chemin depuis l’émotion où elle est née jusqu’à la chanson française pour se partager, dans ses différentes expressions possibles, vers la sensibilité des êtres qui s’y prêtent.

 

 

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Published by Dartag - dans Livres
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8 août 2006 2 08 /08 /août /2006 10:24

Le dernier siècle a eu son génie littéraire en Bernanos. Et pourtant, il aura fallut que ce soit le hasard qui me décide à emprunter "Sous le Soleil de Satan", poussé par le vague souvenir d'un film qui fit scandale cela fait quelques années à Cannes, pour que je m'en rendisse compte; puisque aucun prof ni aucun programme ne m’avait jamais cité sa prose au gré du cheminement littéraire de mes études. Peut-être était-ce par appréhension laïque?...

 

 

Bref. Mon propos n'est pas là.

 

 

Qu'on soit croyant ou non (ce qui n’est pas vraiment mon cas), je pense que l'écriture hallucinée de cet explorateur d'âmes baigné dans la Grâce ne peut laisser indifférant. Lorsque d'autres écrivains enfouissent quelques phrases promises à la postérité dans un amas de plates description mouvantes ou immobiles, lui a l'air de vouloir remplir au ras ses livres d'un débordement de ses émotions au sein de ces personnages uniques qui aiguillonnent ses récit de leurs pas et de leurs états d'âme. Lorsqu'il soulève le coeur en atteignant une force inégalée dans la musique des sentiments dont chacune des différentes cordes semblent entre ses doigts innombrables, lorsqu'il construit, à force d'intériorité, des scènes surréelles où on se sent possédé par la souffrance et l'accablement de ses créatures face au monde, lorsqu'il dénonce, en témoin, sans jugement aucun: « L'enfer, c'est de ne plus aimer. »...

S'il avait fait de Dieu une femme, on aurait dit de lui qu'il n'y eut pas plus amoureux par delà le dernier siècle, le romantisme ayant tôt fait de le déserter (et cela malgré les vains efforts d'Aragon et d'Eluard, qui lui offrirent un ultime hommage à défaut de le faire revivre).

Malraux dit de lui qu'il fût l'écrivain du siècle, et ne se trompa pas.

Aujourd'hui, le souffle qui caractérisa ceux qui croyaient en l'Homme ou/et ceux qui croyaient en Dieu n'est plus (les deux pouvant être un seul et même amour, je l'ignore, puisque je fais partie des incroyants). Le nihilisme l'a emporté sur ce besoin pressant de dire ce qui est pour qu'il ne soit plus ou qu'il se réalise enfin.

Les Zola, Dostoïevski, Bernanos sont morts pour ne laisser, sur le front dégarnit de l'ambition littéraire, que des Sollers, des Sartre, ou d’autres remueurs de mots, fades et indigestes, dont le geste presque masturbatoire, s’il arrive à porter une pensée, ne s’encombre plus de sentiments; comme si la jouissance pouvait survenir dans les mouvements mécaniques du jaillissement désordonné des mots.

 

 

 

 

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Published by Dartag - dans Livres
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