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6 janvier 2007 6 06 /01 /janvier /2007 12:51

Faut-il tuer James Bond ? Le fait que Jean Dujardin ait été, dans le drôlissime OSS117, plus proche de l’esprit Bond que l’officiel Casino Royale de l’iconoclaste Daniel Craig signifie-t-il que le héros est mort ? Dilemme cornélien pour un fan comme moi qui ne saurait se rallier à Craig sans renier Connery…

 

 

 

 

 

 

 

Je suis le prototype type du vieux fan de James Bond : ayant vu chacun d’entre eux au moins deux fois, vers l’âge de 12-13 ans pour la plupart ; j’adule Sean Connery, me tâte sur le George Lazenby (bien qu’amoureux de Diana Rigg), ris jaune ou m’amuse (selon les opus) pendant les Roger Moore, conspue les Timothy Dalton, estime plus ou moins les Pierce Brosnan (surtout son Goldeneye, qui restera dans la légende comme la gente chromée de la roue de secours qui avait permise à Bond de se remettre en selle), et place en haut de pile (et dans l’ordre) « On ne vit que deux fois », « Bons baisers de Russie » et « Goldfinger ». Je suis, ce qui ne gâche rien, un inconditionnel de Remington Steele et de Chapeau melon et bottes de cuir (étant le seul mec de 20 ans à veiller jusqu’à minuit pour suivre John Steed et Emma Peele sur TVbreizh, la chaîne de toutes les bonnes maisons de retraite), et ma seule lacune est de n’avoir jamais osé regarder « Jamais plus jamais », le pastiche tardif d’un Sean Connery sur le retour (par peur d’égratigner le mythe)…

A un tel point que je considère l’agent secret "so british" comme le précurseur de ce cinéma d'action américain qui a fait l’ère du blockbuster il y a bien longtemps maintenant…

 

Souvenez-vous : Hollywood avait alors ses acteurs fétiches, ses séries mythiques, ses codes particuliers. La mode en était encore aux courses poursuites infernales, aux méchants charismatiques, aux héros réchappés de tout (avec ou sans égratignures), aux blondes en détresse et à un certain humour à explosion, assené entre deux détonations bien senties.

Aujourd’hui, il ne reste de tout ça que quelques trop rares réalisateurs (Michael Mann, Steven Soderbergh, …) qui, pas bêtes, se sont réappropriés le genre au singulier pour pas être entraînés dans le déclin du genre... Ainsi qu’un film, culte, " Le Saint" de Val Kilmer, un bide commercial qui est accessoirement le premier (et dernier) faux James Bond que moi et mon frère avions jusqu’à présent vu (et aimé) dans les salles obscures… Avant Casino Royale.

Casino Royale : deux ans avant sa sortie, le minois nerveux et blond de Daniel Craig avait mis en branle la cabale des fans, horrifiés de voir un physique aussi inapte au costard reprendre leur héros. Les premiers échos du tournage faisaient état, eux aussi, d’infos alarmantes : les cascades se révélaient éprouvantes, Craig s’était blessé, certaines photos du film le montraient barbouillé de suie et de sang dans une chemisette sale et déchirée tout juste digne d’un transfuge raté de la CIA des années 80 sur fond d’explosion ramboesque : l’hémoglobine semblait s’imposer comme un personnage à part entière dans un film qu’on disait plus violent que tous les autres.

Quid du flegmatique agent secret immaculé, du grand brun viril et poilu, des meurtres ne nécessitant pas de pressing ? Quid de l’alter ego anglais d’OSS 117, qui venait de renouveler avantageusement un ratage français des années 60 sur le même thème en en devenant le film le plus drôle de l’année ?

 

Je n’ai pas eu confiance, alors je suis allé voir. Presque religieusement, je me suis assis, seul, dans un cinéma bondé. J’allais enfin voir un James Bond au cinéma… Ou assister à sa mort programmée.

Etait-ce un James Bond ? Je ne sais pas. Peut-être le nouveau James Bond, "celui du 21ème siècle" (sic.)… Un James Bond brut et violent au début, sans états d’âme, sans fioriture, sans élégance de circonstance. Un James Bond amoureux et faible à la fin, sentimental et brisé. Deux images antagonistes et pourtant aux antipodes de notre héros classique. Mais deux images crédibles, parce que l’intrigue le permettait et que l’acteur était bon.

On assistait donc à la genèse du héros transfiguré. Parce que Bond avait été un homme, et ce film allait nous le démontrer. Nous expliquant ensuite le pourquoi du James Bond froid et distancié qu’on connaît tous, tuant et couchant proprement et sans états d’âme mal placé (ce qui, dans les deux cas, est irréalisable dans la vraie vie).

Casino Royale : le premier des romans de Ian Fleming pour le dernier film d’un héros qui n’avait jamais été aussi éloigné du mythe ; ni aussi proche du personnage de romans que personne n’a jamais lu.

Pourtant, aucune des critiques faites au film n’étaient en fin de compte injustifiées ! Le nouveau ne tenait pas beaucoup à son costard qui le lui rendait bien, sortait de l’eau dans un corps bodybuildé et inesthétique, se faisait torturer, entièrement nu et impuissant, à coup de gourdin dans les testicules… Mais était-ce bien des critiques ?

 

Le film est depuis devenu le plus grand succès de la série, et avec raison. Martin Campbell, vétéran de la résurrection de James Bond avec Goldeneye (suite aux désastreux Timothy Dalton), à refait des siennes en remettant sur selle une franchise en papier trop glacé, presque dix ans après son premier sauvetage.

James Bond est-il pour autant immortel ? Qui sait… Comme le dit le titre du meilleur opus de la série : "On ne vit que deux fois"! A charge, pour les scénaristes des prochains, de ne pas nous user celui-là.

 

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Published by Dartag - dans Cinéma
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commentaires

Par 1 24/02/2007 18:34

Tu aurais pu mettre deux phrases sur SimonAbkarian qui joue un méchant dans le film !

La maraine 07/01/2007 19:38

Naye "Jamais plus jamais"n, aghvor e ! ;-)