Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : La Vie réelle
  • La Vie réelle
  • : Il arrive un moment où il est conseillé de prendre les mots au sérieux................................ (ce blog est un dépôt de mes derniers articles en date - un conseil: regardez les par CATEGORIE en cliquant en haut à droite)
  • Contact

Recherche

8 août 2006 2 08 /08 /août /2006 10:24

Le dernier siècle a eu son génie littéraire en Bernanos. Et pourtant, il aura fallut que ce soit le hasard qui me décide à emprunter "Sous le Soleil de Satan", poussé par le vague souvenir d'un film qui fit scandale cela fait quelques années à Cannes, pour que je m'en rendisse compte; puisque aucun prof ni aucun programme ne m’avait jamais cité sa prose au gré du cheminement littéraire de mes études. Peut-être était-ce par appréhension laïque?...

 

 

Bref. Mon propos n'est pas là.

 

 

Qu'on soit croyant ou non (ce qui n’est pas vraiment mon cas), je pense que l'écriture hallucinée de cet explorateur d'âmes baigné dans la Grâce ne peut laisser indifférant. Lorsque d'autres écrivains enfouissent quelques phrases promises à la postérité dans un amas de plates description mouvantes ou immobiles, lui a l'air de vouloir remplir au ras ses livres d'un débordement de ses émotions au sein de ces personnages uniques qui aiguillonnent ses récit de leurs pas et de leurs états d'âme. Lorsqu'il soulève le coeur en atteignant une force inégalée dans la musique des sentiments dont chacune des différentes cordes semblent entre ses doigts innombrables, lorsqu'il construit, à force d'intériorité, des scènes surréelles où on se sent possédé par la souffrance et l'accablement de ses créatures face au monde, lorsqu'il dénonce, en témoin, sans jugement aucun: « L'enfer, c'est de ne plus aimer. »...

S'il avait fait de Dieu une femme, on aurait dit de lui qu'il n'y eut pas plus amoureux par delà le dernier siècle, le romantisme ayant tôt fait de le déserter (et cela malgré les vains efforts d'Aragon et d'Eluard, qui lui offrirent un ultime hommage à défaut de le faire revivre).

Malraux dit de lui qu'il fût l'écrivain du siècle, et ne se trompa pas.

Aujourd'hui, le souffle qui caractérisa ceux qui croyaient en l'Homme ou/et ceux qui croyaient en Dieu n'est plus (les deux pouvant être un seul et même amour, je l'ignore, puisque je fais partie des incroyants). Le nihilisme l'a emporté sur ce besoin pressant de dire ce qui est pour qu'il ne soit plus ou qu'il se réalise enfin.

Les Zola, Dostoïevski, Bernanos sont morts pour ne laisser, sur le front dégarnit de l'ambition littéraire, que des Sollers, des Sartre, ou d’autres remueurs de mots, fades et indigestes, dont le geste presque masturbatoire, s’il arrive à porter une pensée, ne s’encombre plus de sentiments; comme si la jouissance pouvait survenir dans les mouvements mécaniques du jaillissement désordonné des mots.

 

 

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Dartag - dans Livres
commenter cet article

commentaires

héléna Demirdjian 12/09/2008 18:55

Bernanos est un auteur extraordinaire. Donissan cède à l'hybris, l'homme vertueux est finalement dévoré par le diable. Heureusement que Dieu pardonne, mais quelle douleur d'être si faibles!

Markarian 24/11/2006 21:42

J\\\'ai pensé à ton blog,en lisant cet article de A.Camus à propos de Bernanos.C\\\'est pas que je veuille entretenir la sépulture de Bernanos mais voici l\\\'extrait:
dans Alger Républicain le 4 Juillet 39
"Georges Bernanos est un écrivain deux fois trahi.Si les hommes de droite le répudient pour avoir écrit que les assassinats de Franco lui soulevaient le coeur,les partis de gauche l\\\'acclament quand il ne veut point l\\\'être par eux.Car Berb=nanos est monarchiste.Il l\\\'est comme Peguy le fut et comme peu d\\\'hommes savent l\\\'être.Il garde à la fois l\\\'amour vrai du peuple et le dégoût des formes démocratiques.Il faut croire que cela peut se concilier.Et dans tous les cas,cet écrivain de race mérite le respect et la gratitude de tous les hommes libres.Respecter un homme,c\\\'est le respecter tout entier.Et la première marque de déférence qu\\\'on puisse montrer à Bernanos consiste à ne point l\\\'annexer et à savoir reconnaître son droit à être monarchiste.Je pense qu\\\'il était nécessaire d\\\'écrire cela dans un journal de gauche."A.Camus
Gretamar.
 

Markarian 20/08/2006 14:34

C\\\'est mon baptême !Je n\\\'ai jamais écrit dans un blog....mais comme je le trouve très sympatique et pour reprendre le mot de Dartag"artisanal" et authentique,je me lance!
 
Hélas Bernanos était (est encore )au Purgatoire.L\\\'Education nationale le boude à tort!Certains arrivent à lui par hasard,au détour d\\\'un chemin déjà préétabli,et tout d\\\'un coup,c\\\'est l\\\' heureuxl déclic littéraire ,et je me réjouis qu\\\'une âme Arménoartisanale  consacre quelques lignes à ce brillant écrivain qu\\\'on peut lire même si l\\\'on ne paratge pas ses idées .Lire et relire,c\\\'est ce que je vais faire.
un grand coup de chapeau à Dartag!
Gretamar.